>>2) Illustration d’une opération de private equity
|
Sommaire [Masquer]
|
Il est souhaitable en général que les futurs résultats de l'entreprise soient supérieurs de minimum 30 % aux charges financières (notamment celles liées au financement de la reprise de celle-ci) de l'entreprise afin que celle-ci dispose d'une marge de manœuvre pour éviter une éventuelle impossibilité à rembourser la dette souscrite par son nouveau propriétaire.
a
=> Les financements moins classiques
A partir du moment où l'acquéreur, en additionnant ses fonds propres avec le financement bancaire classique qu'il peut obtenir, se situe encore en-dessous du prix d'acquisition, il va lui falloir trouver un financement complémentaire.
C'est à ce moment où l'ingénierie financière rentre en piste et où l'imagination n'a plus de limites.
Tous les financements complémentaires sont par définition plus risqués et offriront moins de garanties (sauf cas particuliers) qu'un financement bancaire. Pour cette raison, en contrepartie d'un risque plus élevé, ils auront vocation à offrir un rendement supérieur aux prêteurs "complémentaires" et coûteront donc plus chers aux acquéreurs qu'un financement bancaire classique.
Ces financements complémentaires peuvent prendre la forme de dettes subordonnées (on parlera de dettes "mezzanine" ou "junior") qui ressemblent à une dette bancaire classique sauf que leur remboursement est moins prioritaire que celui d'une dette bancaire (dette sénior).
D'autres financements complémentaires peuvent prendre la forme de produits hybrides à mi-chemin entre des dettes et des capitaux propres comme par exemple les obligations convertibles (OC), les obligations avec bons de souscription d'actions (OBSA)…
En général ces financements complémentaires "complexes" sont créés et émis par l'acquéreur sur la base des futurs flux financiers de l'entreprise, qui serviront justement à les rembourser.
De ce fait, leur durée de vie peut soit être beaucoup plus courte (2 à 4 ans) soit beaucoup plus longue (8-10 ans) que le financement bancaire classique.
Dans la plupart des cas, lors de la mise en place de ces financements complémentaires, l'entreprise concernée doit s'engager à respecter certains ratios comptables pendant la durée de vie des financements complémentaires.
Si l'entreprise ne respecte pas les ratios indiqués, elle devra par exemple payer des pénalités. Dans certains cas le prêteur "complémentaire" peut même exiger le remboursement anticipé du financement complémentaire.
a
En général ces financements complémentaires ne sont mis en place, de par leur complexité d'initiation que pour des besoins supérieurs à 300 – 500 000 euros.
a
2.4/ Exemple d'une opération de private equity
a
Le président fondateur d'une entreprise A (non cotée) désire prendre sa retraite et vendre son entreprise qui est une très belle Pme industrielle rentable et l'un des leaders français dans son domaine.
L'entreprise réalise un CA annuel de 50 millions d'euros, un résultat d'exploitation de 8 000 000 d'euros et un résultat net de 5 000 000 d'euros (10 % de marge nette).
Le vendeur souhaite la vendre 35 000 000 €, soit un multiple de 7 fois le dernier résultat net.
Un acquéreur (un fond d'investissement par exemple) étudie le dossier et se montre intéressé.
Pour pouvoir boucler le rachat, il va créer une société holding B avec par exemple 11 500 000 € de fonds propres (environ 33 % d'apport) et emprunter 24 000 000 € sur 7 ans par exemple à 5 % (s'il a un bon profil bancaire).
Pour l'opération, il sera tenu compte de frais de l'ordre de 500 000 € (1,42 % du montant de la transaction) destinés à régler les frais d'audit d'acquisition, d'avocats et d'intermédiaires…
Le prix total d'acquisition sera de 35 500 000 €.
Le coût de dette annuelle pour le holding B de reprise sera de 4 070 000 € alors que l'entreprise A (la cible achetée) génère (sauf problèmes dans le futur) un résultat d'exploitation de 8 000 000 € qui permet ce remboursement.
a
Quid de la rentabilité de l'opération pour l'investisseur ?
a
Au bout de 7 ans, le prêt d'acquisition est remboursé. Prenons comme hypothèse que pendant cette période, l'investisseur de par ses compétences a pu faire croître le résultat d'exploitation de 2 %/an.
Au bout de 7 ans, le nouveau résultat d'exploitation est de 9 190 000 € et le résultat net est de 5 743 000 €.
La nouvelle valorisation de l'entreprise pourrait être de 5 743 000 * 7 = 40 000 000 environ.
Admettons qu'à ce prix-là, l'investisseur puisse céder l'entreprise.
En 7 ans il aura réalisé un multiple brut de 3,48 (40 000 000 /11 500 000) et gagné 28 500 000 €.
a
Ce multiple brut correspond à un taux de rentabilité interne (le fameux Tri qui mesure la rentabilité du capital investi) de 19,5 % par an.
a
Ce TRI qui peut paraître élevé pour un non professionnel est souvent réalisé et dépassé par les meilleurs investisseurs "private equity" en France par exemple.
a
2.5/ Quelle entreprise peut intéresser un investisseur "private equity" ?
a
La réponse à cette question est assez complexe. En effet, comme tous les investisseurs ne sont pas des clones qui obéissent aux mêmes objectifs, il en va de même en ce qui concerne le profil de l'entreprise idéale.
Chacun a ses propres critères. Cependant il est possible de dresser un portrait-robot des entreprises/projets qui peuvent intéresser les investisseurs.
L'objectif ultime et final d'un investisseur est de gagner de l'argent.
Pour qu'un investisseur puisse gagner de l'argent, il faut que l'entreprise dans laquelle il investit créée de la valeur entre le moment où il est rentré et celui où il vendra.
Il y a plusieurs moyens de créer de la valeur, mais en général tous se traduisent par une augmentation du chiffre d'affaires qui mécaniquement si l'entreprise est bien gérée va se traduire par une augmentation du résultat net.
a
=> Acheter une entreprise "rentable" via un Lbo et la revendre quand le crédit d'acquisition est remboursé, est une piste possible.
Toute entreprise qui démontre sa capacité à dégager une bonne rentabilité dans la durée, quelle que soit sa taille, son activité…, sa localisation est susceptible de pouvoir intéresser des investisseurs dans le cadre d'une reprise en lbo.
a
=> Un autre moyen de créer beaucoup de valeur et de miser sur l'innovation et sur les nouvelles technologies, qui, quand elles se généralisent, peuvent générer beaucoup de croissance pour les entreprises qui ont travaillées à leur développement, leur généralisation. L'internet, les télécoms, les biotech sont de très bons exemples.
Dans ce cas, les entreprises concernées sont souvent des start-up (entreprises en création ou naissantes). Investir dans des start-up est une activité risquée (taux de mortalité élevée) qui cependant peut se révéler extrêmement rentable si parmi ses investissements il y a de futures pépites.
Il ne faut oublier que de nombreuses multinationales comme Microsoft, Apple, Yahoo, Ebay, Google, Facebook… étaient des start up à la base. Les investisseurs qui les ont financées à leur début ont réalisé des retours sur investissements exceptionnels.
Sans aller jusqu'à devenir une multinationale, une start up qui parvient à bien se développer au niveau régional et/ou national peut se révéler être un excellent investissement.
a


